Quand les Vaches se Prélassent

Moyen-métrage 45 min / Ecrit et Réalisé par : Nejma Ben Amor & Charles Texier / Avec : Alice Benoist d’Estiveaud, Simon Bonnel, Laura Couturier, Pauline Laulhe, Benoit Michaud, Vincent Paillier, Agata Rabiller, Charles Texier.

Le couple de Cybelle et Philippe ne va pas bien en ce moment. Cybelle semble traverser de grosses difficultés. Philippe la soutient du mieux qu’il peut. Heureusement, ils viennent de gagner à la radio un week-end dans un gîte de charme. Deux jours au calme, à la campagne, au soleil, du temps pour se parler et se réconforter : voilà qui va leur faire le plus grand bien.

Seulement voilà, ils s’aperçoivent une fois leurs valises posées qu’ils ne sont pas les seuls à avoir gagné le « week-end à deux ». Trois autres couples, tout aussi embourbés chacun à leur manière, sont déjà sur place…

Avec ce cocktail explosif, c’est sûr, le séjour va être rock’n roll. Pour le meilleur ou pour le pire ?

Dans un premier temps, ce qui nous a beaucoup intéressé dans ce projet, c’est la rapidité avec laquelle il pouvait se mettre en place, d’un point de vue humain et technique. Autour d’un noyau dur de 8 comédiens qui travaillent ensemble depuis 2 ans, la dynamique de groupe s’est vite avérée très efficace.

Cependant, et bien que nous voulions faire une comédie, il nous a vite semblé important de défendre une idée, un propos. Nous ne voulions pas faire de notre film une simple succession de gags, loin de là. A nos yeux, même une comédie doit essayer de dire des choses.

Après réflexion et si nous devions, en une phrase, résumer l’idée que nous défendrons dans ce film, ça donnerai quelque chose comme :  « L’image que l’on a de soi ainsi que le rôle que l’on croit devoir jouer en société troublent, réduisent ou annihilent notre capacité à nous ouvrir aux autres ».

Dans notre modèle consumériste, l’individu est frénétiquement stimulé d’images en tout genre. Loin d’être anodines, ces images infusent insidieusement notre cerveau de normes idylliques et totalement factices. Elles provoquent chez l’individu, par comparaison inconsciente, de l’insatisfaction : celle d’être trop gros, mal habillé, pas assez moderne, impuissant, célibataire, de ne pas partir en vacances, de rouler en 4L, d’avoir les cheveux cassants ou de puer des pieds. Cette réaction à l’insatisfaction se traduit le plus souvent par un acte d’achat sensé améliorer, directement ou indirectement, l’image que l’on a de soi-même.

En consentant individuellement à ce mécanisme de l’imaginaire et de l’insatisfaction, nous avons, de fait, accepté une forme de dictature de l’image et de l’irréel. A tel point qu’aujourd’hui, la maitrise que chaque individu a de sa propre « image » est le facteur déterminant à sa bonne intégration en société, celui qui s’en détourne se marginalise. « Notre image » est donc devenue l’objet principal de notre désir.

Ce triomphe économique a créé une perte de repères identitaires généralisée et une hypertrophie du « paraître » chez chacun de nous. Cet égocentrisme rampant a profondément bouleversé les relations humaines qu’elles soient familiales, amicales ou amoureuses. Ainsi, la pression normative de l’image et sa surabondance est telle, que plus nous avançons dans les décennies, plus nous régressons vers une forme d’isolement collectivisé.

Charles Texier & Nejma Ben Amor, auteurs et réalisateurs technique.

Un grand merci à tous les donateurs Ulule ! 

QLVSP